Encuentros experimentales de Dibujo en Aeromoto

Programación anual alrededor de la practica del dibujo en 12 sesiones realizados dentro de la biblioteca pública especializada en arte y ediciones de artistas Aeromoto

     

 

Desde Mayo 2018 hasta Abril 2019 tuvieron lugar las siguientes sesiones a cargo de:

  • Aspacia Kusulas México (1992) Diseñadora gráfica. Caligrafía, dibujar letras.
  • Berenice Medina México (1986). Ilustradora. Narrativa e ilustración
  • Ricardo Alzati México (1974). Artista visual. Visiones de Raymond Roussel
  • Jacob Wick (EUA, 1986) Músico, trompetista. Partituras no tradicionales para performance
  • Oscar Hernández México (1975) Narrador gráfico, escritor, guionista, editor, curador. Narrativa gráfica
  • Elsa-Louise Manceaux (Francia, 1985) Artista visual. Ejercicios desde la reticula
  • Jonathan Miralda (México, 1981). Creación de personajes y movimiento del mismo
  • Rita Ponce de León (Péru, 1982) / Tatiana Musi (México, 1982) Artistas visuales y terapeutas. Dibujo, cuerpo y espacio.

Des mondes à Profusion / Theo Michael indivudual project / rejected project

(Render) 2017

Theo Michael n’est pas intéressé par la réalisation un monde nouveau, mais par un monde qui serait multiple, vieux et futuriste à la fois. Ce qui l’intéresse c’est assembler et accumuler des couches de temps, effectuer une accélération de l’usure sur les matières, et penser le monde depuis ce qu‘il en reste, ou de ce qui a disparu, ou depuis ce qui n’est pas encore. Les ruines sont bien plus complètes que les œuvres parce qu’elles représentent une civilisation dans l’ensemble de son parcours. La ruine est ce qui parachève le cycle du pouvoir. Les ruines sont les seules œuvres qu’il considère terminées.

Ses dessins, ses sculptures, ses maquettes, ne sont donc jamais donnés pour achevés. La dialectique se poursuit toujours entre l’œuvre et l‘artiste, jusqu’à épuisement. Pour cela, il devient le barbare qui vandalise sur son passage: c’est une façon de questionner l’artiste comme auteur et simultanément de faire surgir une résistance dans la création. Il se vandalise lui-même. Dans l’art ou la construction des villes, souvent ce qui est utile est appelé à être transformé, car c’est ce qu’il y a de meilleur. (Ou plutôt: de plus précieux ?) La conservation est un procédé contre nature, elle interrompt la friction du temps, des éléments et de l’action immanente des hommes sur les choses.

Theo Michael, 2017

Le présent projet s’apparente à la création d’une capsule de temps, dans laquelle les dessins sont des organismes vivants en cours d’évolution: ce sont des dessins primitifs et contemporains à la fois, des formes arquétypées qui pourraient être comprises par les hommes d’il y a 5 siècles comme par ceux d’un futur lointain. Ils s’adressent à l’homme universel et intemporel. Ils sont compris par les enfants. Les personnages des ces dessins se moquent de l’art, ils portent des jugement sarcastiques sur l’état du monde. Le papier et le support du dessin ont été vieillis prématurément, ils n’ont plus d’âge, ils échappent à la catégorisation

En entrant dans cette installation, mi- vestige, mi- caverne on se trouve transporté et on est coupé, pour un moment, de l’architecture triomphante d’une ville qui se condamne à la conservation de son patrimoine -Paris. Theo est Grec et il cite souvent le Parthénon, pour en rire: pendant longtemps dit-il, il servait d’entrepôt militaire, personne ne se souciait de protéger ce site vieux de 5 siècles et dans un état de dégradation avancé. C’était une « vraie » ruine, abandonnée à elle-même, aux intempéries, à l’irrespect de l’activité humaine. Une ruine qui avait le droit d’être ruine, et donc d’être ruinée tous les jours un peu plus. Mais surtout, un lieu métaphorique, un passage de temps, une mue.

La ruine est ce qui reste d’une tension entre mémoire et oubli, permanence et impermanence (trouver un mot qui existe : instabilité? Évanescence?) œuvre de culture et action de la nature. C’est ce qui nous permet de passer d’un monde à un autre. Pour Theo, Dieu n’existe pas encore, les humains sont toujours en train de l’inventer, depuis des siècles. L’idée de Dieu se trouve quelque part dans l’idée même de la ruine.

Scorpion House, 2016.

Les Gestes Morts / María Arango Individual show  including a performance and an edition / Curator / La Fermeture Éclair,  Caen, France

Work by Maria Isabel Arango

« Aux princes, qui, en raison de leur dignité, se font plutôt comprendre par signes que par mots »

Giovanni Bonifaccio *

 

L’idée principale du projet polymorphe Les Gestes Morts de l’artiste colombienne Maria Isabel Arango est l’activation d’images d’archive sous une forme plastique. Il s’agit de photographies de gestes de mains dont on questionne la présence et la destinée: à quoi sont liés les gestes ? Sont-ils intemporels, universels, seulement humains ? Peuvent-ils mentir ou, au contraire, disent-ils eux, toujours la vérité ?

Les images proviennent de l’actualité politique internationale vue dans les médias et ont été classées selon l’intention du geste: conviction, retenue, admonestation, tempérance, dissuasion, réitération, etc. Puis l’évolution du projet s’est axée sur une recherche d’activation possible de ces images dans d’autres formats: édition, performance, dessin, installation.

La main, au cœur de la composition et du sens.

Le point de départ fut de s’attarder sur l’aspect et le rôle du mouvement des mains des femmes et des hommes politiques de la scène politique internationale, ceux même qui représentent la loi, l’autorité, le futur commun des habitants du monde.

Lorsqu’elle travaille sur ces images, Arango effectue elle même un geste contradictoire: l’artiste sélectionne spécifiquement des images provenant d’un contexte bien déterminé pour systématiquement les en extraire. La plasticienne recadre simplement l’image documentaire sur les mains du fonctionnaire. Elle procède à un double découpage, puis à un changement de format, en passant en gros plan un détail de l’image.

Le geste qui prend place, s’expose et se donne à voir.

Ce nouveau cadre permet de restituer au geste toute sa théâtralité et l’amplifier. On retrouve cette même idée dans le théâtre de Brecht, où, sur scène, le geste se présente comme un mouvement d’interruption et de mise à l’écart de la progression de l’action dramatique. Il se trouve dans Les Gestes Morts cette même volonté de dépurer l’image de la sensation qui vient du personnage et d’opérer un effet de distance pour pouvoir se centrer sur l’essentiel. La théâtralité, quant à elle, consiste dans le fait que l’action et l’auteur de ces évènements sont passagers, ils sont une présence qui passe et qui peut se répéter, faisant ainsi de n’importe quel lieu un espace théâtral et de n’importe quel personne l’auteur possible de ce geste.

 

Sémantique de l’indice.

Si la photographie est un formidable outil de documentation du geste contemporain, il est toujours utile de replonger dans l’immense dossier figuratif de l’art universel. L’idée importante étant que les gestes dans l’histoire de l’art tendent au système et à la codification. Etudier le geste sur le vif revient à l’éprouver tandis qu’en parler c’est arrêter sa trajectoire et le codifier. De quoi parle-t-on, d’une attitude – la pose – ou d’un mouvement – gesticulation – ? D’un geste à fonctionnement symbolique ? L’interprétation de la gestuelle contemporaine implique-t-elle une connaissance spécifique des sciences du comportement, du langage ? De la sémiotique ? Est-ce un travail d’iconisation, ou bien d’une réflexion sur l’esthétisation médiatique? Quelle en est la charge psychologique?

La main comme manière de dire.

Selon de récentes études, nous entretenons une relation plus ambigüe avec nos mains que part le passé et, face à la technicité toujours plus présente dans nos sociétés, l’emploi de nos mains auraient tendance à s’atrophier. Les appareils et les applications digitales remplacent ou simplifient le travail manuel, notamment dans l’écrit et dans le travail, comme de véritables prothèses. Par contre, en tant qu’organe de la parole, la main reste toujours aussi pertinente. La main pose les assises du langage, se meut entre le geste naturel et le geste conventionnel et reste spectaculairement innovatrice de nouveaux signes et codes. Comme l’affirme Charlotte Wolff dans Psychologie du geste, la main reste le « sismographe de l’affectivité humaine » et le « cadran le plus authentique de la personnalité. »

Gestuelle et mémoire organique.

Le geste de la main constitue un pré langage et l’origine de l’écriture. C’est par le mime que l’homme construit sa première expression. C’est grâce au mime que la pensée fonctionne. Dans L’anthropologie du geste (1969), Marcel Jousse pose la question suivante en guise d’introduction à sa théorie : « Comment l’Homme, placé au sein des perpétuelles actions de l’Univers, réagit-il à ces actions et en conserve-t-il le souvenir ? ». Le geste, la position des mains, leur relation entre elles et avec d’autres parties du corps sont là pour attester de nos dispositions intellectuelles, et que nous voulons être sûrs que notre cerveau est en train de fonctionner. Le geste est le mime d’une activité cérébrale – donc invisible – pour la rendre non seulement visible mais surtout pour activer la mémoire et la communication.

Le geste est toujours ré-interprétable, réversible.

Mais alors, le contexte politique du geste – par là même plus contrôlé et mesuré – fausse t il ce rapport ? La force animatrice contenue dans la gestuelle est tout aussi réversible, car c’est aussi grâce à la pensée que le geste se fait. Aussi, il est logique d’imaginer que moins le geste de la main est intuitif, plus il est manipulateur. Oui, la politique est du théâtre. Bien sûr l’acteur politique use et abuse de recours de la communication non verbale, du langage corporel. Et quand bien même les citoyens sont conscients de ces manipulations médiatiques, il n’est pas aisé de pouvoir les décrypter. La gesticulation expressive fait partie d’un tout et reste avant tout profondément lié à un discours, à une personne, à un dessein plus ou moins caché.

Plus souvent nous interrompons quelqu’un en train d’agir, plus nous obtenons de gestes.

Il faut donc séparer les choses. Le geste politique tout comme le geste théâtral sont un langage rendu visible, une « éloquence muette » et très effective. Quant au geste figé dans sa trajectoire, pétrifié dans le temps et l’espace, coupé de l’empathie de la perception – le geste mort – il n’est plus langage, il est à peine encore un signe. Il est profondément mystérieux, abstrait et sauvage. Les Gestes Morts s’inscrivent dans la recherche de cet état où le geste n’est plus ou pas encore utilitaire, mais juste une forme, autonome et libre, chorégraphie des doigts de la main.

 

Septembre 2017

 

* (1547 – 1635) Padoue, Italie, auteur de «  L’art des gestes, où grâce à la formation d’un langage (rendu) visible, on traite de l’éloquence muette, c’est à dire d’un silence bavard », dont la phrase d’introduction à ce texte est la dédicace originelle.

 

Manual de lo Incompleto / Jaime Ruiz / Curatorial Text and book public presentation / IAGO Oaxaca

Manual de lo incompleto, 2017

 

Cuando hablé con Jaime acerca de su obra reciente me comentó: “estos dibujos vienen de un proceso de búsqueda de arraigo desde el desarraigo que condiciona el ser de un contexto suburbano, el estar siempre en transición”. Conocía entonces poco su trabajo y ahora descubría una nueva serie de dibujos, realizados en los últimos dos años. De alguna manera éstos son corolarios a un trabajo de implicación social y colaborativo llamado Lugar Común, que él lleva a cabo con todo un grupo de personas en una zona periférica de la ciudad de Oaxaca. Es decir, estos dibujos tienen un contexto particular, vienen de algo en concreto. Al respecto y al momento de escribir estas líneas, me enfrento al dilema de nunca haber estado en este suburbio. Desgraciadamente conozco poco Oaxaca y tampoco sé mucho de este proyecto social colaborativo, aunque entiendo su planteamiento. Seguramente me pierdo de algo sustancial pero la condición en la que me encuentro es la siguiente: voy a escribir este texto antes de conocer los lugares, la gente, el ambiente y, asimismo, antes de observar los dibujos en persona, antes de conocer a Jaime en su tierra. Considero necesario precisar mi propio contexto ya que éste determina un enfoque de lectura. Así pues, me tendré que confrontar únicamente con las imágenes de estos dibujos, utilizar mi brújula intuitiva y dejarme llevar por el placer de leer dibujos, buscar sus fragmentos tácitos.

En general, me interesan los dibujos de línea clara. Siempre tienen algo que decir: usan la línea de la escritura. También, me recuerdan a los dibujos de sátira política y a las primeras tiras de cómics de los viejos periódicos y, asimismo, me remiten a Hergé, a Posada, a los dibujos escolares. Son clásicos y modernos a la vez, son eficientes en su función comunicativa y destacan tanto por su economía de medio como por su dinamismo dentro de un asentado diseño grafico. Ahora bien, los dibujos que se presentan aquí tienen una complejidad bien particular. Detrás de la aparente sencillez, encuentro un complejo ensayo sobre la relación entre el lenguaje y el cuerpo; no solamente el cuerpo físico sino también el llamado cuerpo social. Estas obras tratan de la condición humana en general, no hay duda. Sin embargo, desde un sitio específico y desde una situación socioeconómica y geográfica que son las propias de esta zona de Oaxaca. Podríamos ver aquí un tipo de reportaje, cuya forma juega con el idioma y las imágenes, con sus otros sentidos y, sobre todo, realizado gracias a una acertada práctica de acrónimos visuales. El acrónimo es una suerte de ingeniería del lenguaje, que sirve para inventar nuevas palabras cuando es necesario, por ejemplo en el campo técnico (la palabra informática viene de la fusión de información con automática) o en el campo social cuando por ejemplo los jóvenes inventan palabras como referente y código generacional. Aquí, el acrónimo se forma de manera gráfica, entre dos o más figuras y sus posibles significados para inventar una imagen referente a un concepto dado o por definirse. Empieza por un ejercicio de composición puesto al servicio de un pensamiento heterogéneo, para así intentar sintetizar una experiencia humana que incluye diversos aspectos. Este juego visual al que se entrega Jaime me parece ser un sincero cuestionamiento de los símbolos culturales y de un intento de representación alegórica de un malestar corporal, tanto a nivel físico como social, en el cual uno vive, trabaja, evoluciona.

En el proceso de la construcción alegórica, próximo a la metáfora (el ataúd-meta de golf; la cabeza Olmeca-pozo) se crea en un espacio de múltiple fragmentación visual, de collage-ensamblaje, de cambio de escala y de la repetición de ciertas temáticas. Considero que esta práctica se podría acercar a la de un laboratorio, en el cual se busca definir un nuevo campo de estudio social a través de la construcción de imágenes; más precisamente, la invención de un sistema que permite representar unas experiencias de vida a través un renovado vocabulario visual.

He aquí un listado de los componentes de este cuerpo visual: encontramos en primer lugar una gran cantidad de animales, de los cuales varios son especies de simios (chico de cola larga, gorila, mono fantástico), unos pingüinos, distintos camarones, unos lobos, un elefante, muchas telarañas sin su autor, un pez espada, una cabeza de serpiente, un escarabajo y un crocodilo. En segunda posición vienen los objetos, tales como una tabla de madera, un muro de ladrillo, una cabeza tolteca, varias mascaras, una canasta, un par de maracas, un avión, un palo, un ataúd, una bandera de golf. En tercera posición viene la categoría de lo vegetal con una representación más elemental de especies como una palmera, una planta en su maceta, un agave, una planta ornamental en el piso y pasto. Finalmente pero de manera más elocuente, tenemos a la figura humana. El genero masculino domina, ya que no se encuentra ningún rasgo femenino; es el hombre solo, sin genitales, una forma muy depurada que se desenvuelve en una serie de variaciones como: hombre entero, medio hombre, hombre con los órganos internos visibles, cíclope, diablo, esqueleto, cráneo, cabeza, brazos, manos.

¿Qué representan estos elementos y sus distintas combinaciones? El sentido de estas creaturas sólo las conoce su autor. Jaime conoce el sentido, el motivo, el código. Imagino que vienen de situaciones y hechos vividos, de personalidades que conoció y recordó, de pláticas y pensamientos. Al fin y al cabo, es una visión íntima que nos comparte. No se puede explicar todo, ni es recomendable angustiarse por ello. No obstante, lo que hace visible es sin duda un mundo en el cual no hay esperanza, en donde reina una tristeza palpable: angustia, miedo, ego, frustración, ambigüedad... Sin embargo, a veces nos hacen falta algunas claves para entender el mensaje más allá de la primera lectura. Lo que nos da en una mano, nos lo quita de la otra: nos da precisión y certeza con el lenguaje, las palabras que nos encaminan en un sentido, con la representación figurativa, neta, descriptiva y, al mismo tiempo, nos desconcierta. Más bien, la maniobra consiste en dejarnos entender ciertas composiciones, cuando nos da más pistas, para dejarnos totalmente perdidos con otras. Todos los dibujos encierran un grado complejidad.

Este Manual de lo incompleto podría ser eso: la elaboración de un sistema de comunicación, por tanto una herramienta alegórica, que abre la posibilidad de hacer visible lo callado, el resentimiento, la expresión de un dolor existencial que, de no ser por ello, quedaría implacablemente mudo.

No hay esperanza, 2015